1917 résonne dans la mémoire des Français comme une année particulièrement tragique au sein du drame que constitue la Grande Guerre. La lassitude est installée parmi les populations civiles, comme parmi les soldats qui ne savent plus véritablement quel est le sens du combat. Pourtant les comportements des uns et des autres fluctuent dans le court terme de l'année selon une chronologie assez précise. Avec l'arrivée du printemps, l'espoir d'une possible victoire renaît au moment de la préparation de l'offensive Nivelle, perçue par le "dernier coup de collier" à donner. L'échec sanglant du mois d'avril débouche sur les mutineries que l'on connaît. Ce livre, résultat d'un colloque tenu à Mourmelon et à Verdun, sur les lieux mêmes des combats de 1917, n'évoque pas directement les mutineries, même si ces dernières se trouvent constamment en arrière plan des différentes communications qui composent l'ouvrage. Il a choisi de s'intéresser à deux séries de combats qui disparaissent habituellement dans la focalisation mémorielle sur la crise du "Chemin des Dames". Tous d'abord avec la crise des mutineries, l'ouvrage s'intéresse aux combats des Monts de Champagne, considérablement fortifiés par les Allemands, qui connaissent les seuls réels succès enregistrés par les Français durant l'offensive Nivelle, à l'Est de Reims. La deuxième série de combats évoqués est celui du secteur de Verdun à partir du mois d'août 1917, qui vont permettre de retrouver la ligne de front d'avant le 21 février 1916. Entre ces deux séries de combats, l'armée française aura évoluée singulièrement, tant au niveau des hommes qu'au niveau des chefs. L'ouvrage fait le point sur ces combats habituellement quelque peu délaissés.