Derniers combats pour ces centenaires frappés dans leur jeunesse par la violence terrible d’un conflit qui marqua à tout jamais leur vie et leur siècle, derniers souvenirs évoqués pour la mémoire de leurs souffrances. Le livre de Didier Pazery, comme tous les vrais livres, raconte des histoires qui sont notre Histoire. Des images et des mots qui, au-delà de la commémoration et loin de la chronologie presque inutile des faits militaires, disent l’horreur, le courage et l’absurdité. Les « poilus » ont disparu avec la guerre et les « Anciens Combattants » se souviennent pour nous. Et comment se souvenir sans s’attacher à ce que fut l’existence de ces hommes, leurs espoirs, leurs douleurs, leur fierté et leur amertume ? Comment apprendre sans regarder ces visages, sans écouter ces paroles ? Grande par sa durée inattendue et par sa cruauté technologique, la Première Guerre mondiale laissa les populations abasourdies et traumatisa les mentalités autant que les corps. Puis le temps a passé, des enfants sont nés, les familles se sont reconstruites. Mais sur la même image, dans la même phrase, se confrontent et se superposent vertigineusement les mêmes silhouettes, les mêmes regards, les mêmes hommes. A l’uniforme près. Derniers combats ? Qui peut oser l’espérer alors que depuis 1918, et après 1940, explosent ici ou là mille et un conflits sanglants ? Alors que nous ne savons pas encore pourquoi cette Grande Guerre. A la fin de notre siècle terrifiant, ce beau livre nous aide peut-être à comprendre pourquoi ?